Bourse de fret : vérifier un transporteur et se faire payer en France

Une bourse de fret est un lieu d'annonces : elle n'est pas partie au contrat de transport. Ce contrat, l'article L. 132-8 du code de commerce le forme entre l'expéditeur, le voiturier et le destinataire — ou entre l'expéditeur, le destinataire, le commissionnaire et le voiturier — et rend l'expéditeur et le destinataire « garants du paiement du prix du transport », toute clause contraire étant réputée non écrite. Après l'accord conclu sur la bourse, presque tout peut encore être remplacé sans votre consentement : l'entreprise qui exécute, le camion, le créancier du prix, et jusqu'à la loi applicable. Ce qui ne se remplace pas, c'est votre qualité de garant et votre obligation de vérification — d'où la règle pratique : maîtrisez le paiement et l'identité de l'exécutant, pas seulement le dossier de votre cocontractant.

Source: Légifrance (DILA) · Ministère du Travail — Code du travail numérique · Légifrance (DILA) — Cour de cassation · Légifrance (DILA) — Journal officiel · EUR-Lex — Union européenne. Dernière mise à jour des données: .

Une bourse de fret est-elle partie au contrat de transport ?

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À partir de quel montant devez-vous obtenir une attestation de vigilance, et tous les combien ?

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Questions fréquentes

Une bourse de fret est-elle responsable si le transporteur ne vient pas ou vole la marchandise ?

La bourse n'est pas partie au contrat de transport, sauf si elle a contracté en son nom. Selon l'article L. 132-8 du code de commerce, le contrat se forme entre l'expéditeur, le voiturier et le destinataire, ou entre l'expéditeur, le destinataire, le commissionnaire et le voiturier. Vos recours se dirigent donc vers ces parties, selon le rôle que chacune a effectivement joué.

J'ai déjà payé mon commissionnaire : le sous-traitant peut-il quand même me réclamer le fret ?

L'article L. 132-8 fait de l'expéditeur et du destinataire les « garants du paiement du prix du transport » et précise que toute clause contraire est réputée non écrite. La Cour de cassation réserve cette action directe au voiturier qui effectue personnellement le déplacement (com., 18 mars 2014, n° 12-29.524). Avant de payer un intermédiaire, la seule protection réelle est de savoir qui exécute et de contrôler le paiement en conséquence ; pour une situation précise, faites analyser vos pièces par un conseil.

Quel délai de paiement s'applique à un transport routier de marchandises en France ?

L'article L. 441-11, II, 5° du code de commerce vise « trente jours après la date d'émission de la facture pour le transport routier de marchandises, pour la location de véhicules avec ou sans conducteur, pour la commission de transport ainsi que pour les activités de transitaire, d'agent maritime et de fret aérien ». Le contrat type général retient le même plafond de trente jours à compter de l'émission (annexe II, art. 19.1). Le non-respect des délais est sanctionné par une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 2 000 000 € pour une personne morale (L. 441-16).

À partir de quel montant faut-il demander une attestation de vigilance à un transporteur ?

À partir de 5 000 euros hors taxes par opération (article R. 8222-1 du code du travail), puis tous les six mois jusqu'à la fin de l'exécution du contrat. Les pièces attendues figurent à l'article D. 8222-5 pour un cocontractant établi en France et à l'article D. 8222-7 pour un cocontractant établi à l'étranger. À défaut, l'article L. 8222-2 prévoit une solidarité pour les impôts, taxes, cotisations, pénalités et majorations, le remboursement des aides publiques et les rémunérations dues aux salariés non déclarés.

Combien de temps ai-je pour agir contre un transporteur, ou pour me retourner après avoir payé à sa place ?

L'article L. 133-6 du code de commerce prévoit une prescription d'un an pour les actions nées du contrat de transport. Pour les actions récursoires, le délai est d'un mois et « ne court que du jour de l'exercice de l'action contre le garanti » : celui qui est assigné doit donc réagir très vite contre son propre cocontractant.

Que puis-je vérifier publiquement sur une entreprise de transport, et que ne verrai-je jamais ?

L'article 16 du règlement (CE) n° 1071/2009 rend accessibles au public le nom et la forme juridique de l'entreprise, l'adresse de son établissement, le nom des gestionnaires de transport, le type d'autorisation et le nombre de véhicules. En revanche, les infractions graves des deux dernières années et la classification par niveau de risque restent réservées aux autorités compétentes. Pour les modalités concrètes de consultation en France, vérifiez auprès de la DREAL ou du ministère chargé des transports.

Un camion étranger peut-il enchaîner les transports intérieurs en France après une livraison internationale ?

Dans la limite du cabotage : jusqu'à trois opérations après un transport international, le dernier déchargement devant intervenir dans les sept jours suivant celui du transport international, avec un maximum d'une opération par État membre dans les trois jours suivant une entrée à vide (art. 8 § 2 du règlement (CE) n° 1072/2009). Une période de carence de quatre jours s'applique ensuite dans le même État membre avec le même véhicule (art. 8 § 2 bis).

Une clause de loi étrangère dans la confirmation d'affrètement change-t-elle quelque chose ?

Oui, y compris pour l'action directe en paiement. La Cour de cassation a jugé que l'article L. 132-8 « n'est pas une loi dont l'observation est nécessaire pour la sauvegarde de l'organisation politique, sociale et économique du pays » (com., 13 juillet 2010, n° 10-12.154) : ce n'est pas une loi de police, et elle ne s'impose donc pas lorsque le contrat est soumis à une loi étrangère.

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